Bonsoir mon père!!!
Etant sur le point de mettre en ligne un post rescapé de Lully 1687, je me suis rendu compte que je possédais le début d'un sujet sur le billard que vous aviez précédemment édité. Peut-être pourriez-vous l'utiliser afin de ne pas créer un doublon?
Voici ce que je possède (on retrouve votre texte à "XVI -" ).
I -
J'ai feuilleté au chateau il y a deux ans environ un versalia comportant notamment un article sur le cabinet du billard de Louis XIV. N'ayant pas voulu à l'époque l'acheter et m'en mordant les doigts aujourd'hui je sollicite de ceux qui l'auraient le service de m'envoyer par mél les scans des pages de cet article. Merci par avance
II –
L'étude sur le cabinet du billard est en fait une étude préalable à la restauration de l'Antichambre des Chiens et à la salle à manger des retours de chasse. L'antichambre possédant les boiseries provenant du cabinet du billard du roi. C''est dans Versalia 3. Malheureusement je n'ai pas de scanneur numérique pour vous en envoyer une copie de l'article.
III -
Merci de l'information cher Comte! Ce qui m'intéresse dans cet article est la mention du mobilier des salons en particulier la descrïption des lustres qui se trouvait dans cet appartement. Pourriez vous m'en donner la liste je vous prie? Merci par avance
IV –
destiné à Hardouin concernant vos interrogations concernant le mobilier du cabinet du billard de Louis XIV situé l'emplacement de l'actuelle chambre du roi. Les renseignements sont tirés de l'article de Christian Baulez "L'antichambre des chiens et la salle à manger des retours de chasse" tiré de Versalia no. 3, p. 28 à 49.
page 31
Citation :
Ce décor du cabinet du billard, dont l'élévation, côté cheminée, fut gravée avec quelques variantes par Pierre Lepautre, avait été réalisé en 1684 sous les ordres de Jules Hardouin Mansart: la menuiserie d'Étienne Carel fut confiée à plusieurs sculpteurs tels que Philippe Caffiéri, Noël Briquet, Nicolas Pineau, Pierre Mazeline et Noël III Jouvenet; Guillaume Desauziers fut chargé de la peinture et dorure, tandis que Guilaume Cucci fut responsable des bronzes dorés. [...]
page 32:
Citation :
Une élévation récemment passée en vente publique peut-être rapprochée de ce rapport [rapport qui mentionne les girandoles de cuivre doré réalisées par Boulle]car on y voit bien des girandoles disposées à la base des tableaux de l'Albane et de Poussin dont la mise en place fait l'objet de plusieurs propositions.page 32:
Citation :
dans les quatre dessus de porte circulaires, on pouvait admirer la Samaritaine du Guide, Le mariage mystique de Sainte-Catherine du Parmesan remplacé par Vénus et Vulcain tenant les armes d'Énée de Claude II Audan, Adam et Ève de l'Albane et Latone par le même. Les registres supérieurs des lambis présentaient six grands tableaux dont trois en largeur, Éliézer et Rébecca, Moïse sauvé des eaux par Nicolas Poussin, placés sur les mûrs des fenêtres, du côté du Cabinet des Perruques; et Jésus portant sa Croix de Pierre Mignard sur la paroi opposée à la cheminée. Les trois autres tableaux de Charles le Brun représentaient une Crucifixion en dessus de cheminée, les filles de Jethro et le mariage de Moïse. Les travaux ordonnés en 1701 ayant entraîné l'avancée du mur de la cheminée et le rétrécissement des panneaux d'angles, les deux Poussin, devenus trop larges, avaient été retirés au profit de deux tableaux de mêmes sujets, mais en hauteur, commandés spécialement à Antoine Coypel et à Charles de Lafosse. C'est probablement à cette occasion que fut ôtée la crucifixion de le Brun, peut-être pour faire place à un trumeau de cheminée tout en glaces. Un nouveau chambranle de marbre fut également posé. L'inventaire de 1708 y décrit un meuble de deux brocards mêlés, à fond d'argent filé à fleurs brochées or et argent , nuées de plusieurs couleurs et enrichi de franges et molets d'or, utilisé également pour les quatre portières et les douze tabourets sculptés et dorés, Aux quatre fenêtres,les rideaux étaient en taffetas cramoisi entouré d'un passepoil d'or, couleurs et matières qu'on retrouvait au cordon de lustre probablement de cristal de roche. Enfin on y trouvait deux niches de bois de chêne blanchi et doré, à deux chiens, garnies en dedans de tripe rouge, avec deux petits matelas de même type pour le dedant.
page 33: parlant de la cheminée de l'Antichambre des chiens:
Citation :
Celle-ci, en beau marbre de vert d'Égypte pourrait dater de 1701 et montre encore des traces de fixations d'arabesques de bronze doré, malheureusement disparues.
L'élévation de la cheminée avant les travaux de 1701 étant dans une collection privée, je n'ai pas la photo qui figure dans versalia.
Photo ManquantePhoto ManquantePhoto ManquantePhoto Manquanteexemple de billard de l'époque:
Photo ManquanteV –
Jésus sur le chemin du calvaire placé face à la cheminée:
Photo ManquanteAntoine Coypel, Eliezer et Rébecca, placé en 1701 en remplacement d'un Poussin:
Photo ManquanteCharles de la Fosse, Moïse sauvé des eaux, plavé en 1701 en remplacement d'un Poussin:
Photo ManquanteLe dessus de porte de Latone de l'Albane:
Photo ManquanteLe numéro 379 de la revue l'estampille l'objet d'art présente dans un long article la restauration de l,antichambre et vous aurez d'autres renseignements sur les autres tableaux. Il est commandable en ligne je crois sur
http://www.estampille-objetdart.com/Le musée de Versailles à reçu en dépot du musée de Rennes un des dessus de porte, le mariage mystique de Sainte-Catherine.
VI –
J'ai constaté lors d'une visite récente que l'Antichambre des Chiens possède un superbe trumeau de glace rocaille (proprement rocaille : toutes sortes de coquillages), un des plus originaux que j'ai vus à Versailles.
Mais je n'ai pas pu savoir de quelle époque il date.
VII –
la réponse est dans Versalia ou dans l'Estampille l'objet d'art.
Citation :
L'origine du nouveau trumeau dans la niche de la cheminée est beaucoup moins claire car les examens pratiqués après dépose ont révélé des parecloses hétérogènes et modifiées lors du remploi. Une inscrïption d'origine, "cabinet des coquilles", sous la bordure sculptée ouvre une piste d'autant plus intéressante qu'une photographie prise à la fin du XIXe siècle montre qu'à son cintre étaient accrochées deux guirlandes, non de fleurs , mais de coquillages. Le cabinet des coquilles de Louis XIV avait été lui aussi modifié à plusieurs reprises pour Louis XIV avant de disparaître en 1752.L'auteur ajoute qu'il fallut sculpter la corniche (ornée de scènes de chasse) deux porters et deux dessus de porte. Ce serait brobablement et vraisemblablement Verberckt qui aurait réalisé ce travail.
Je vous donne une photo de l'antichambre des Chiens datant de 1900 montrant les guirlandes de coquillages aujourd'hui disparues.
Photo ManquantePhoto ManquanteEt, une photo prise juste avant la restauration montrant les guirlandes disparues, (qui n'ont pas été restaurées, reconstituées ou réinstallées lors de la restauration récente)
Photo ManquanteFinalement, une vue du cabinet des coquilles d'où provient (peut-être) le trumeau.
Photo ManquanteVIII –
Merci de ces précieuses informations, cher comte! et d'avoir pris la peine de chercher des reproductions des tableaux! Il me semble me souvenir qu'il y avait des mentions de l'ameublement du salon du petit escalier, du salon ovale et du cabinet des Coquilles. Pourriez vous me les transmettre? Encore merci!
Par ailleurs, je commence dans les jours qui suivent le cabinet des Coquilles. Je suis pour le moment le dessin que vous reproduisez, mais si d'aventure vous avez des informations plus précises quant à la date du trumeau, je vous serai reconnaissant de me les transmettre. Merci encore!
IX –
Je n'ai pas trouvé la mention du mobilier...Il n'est question que du mobilier sous Louis XV et Louis XVI. En revanche, j'ai trouvé des renseignements pouvant vous intéresser dans le guide Château de Versailles: Nouvelles acquisitions du cabinet des dessins, par Xavier Salomon et publié par la RMN. Il s'agit de la descrïption du dessin montrant l'élévation du cabinet des coquilles que j'ai déjà mis en ligne:
Citation :
Le cabinet des Coquilles fut aménagé en 1692 en arrière du salon ovale. Ouvrant sur la cour des bains, la pièce qui détenait sa dénomination des conques ornant sa corniche prit à partir de 1708 le nom de cabinet aux livres en raisons des ouvrages précieux qui y étaient conservés dans des armoires basses fermées de glaces ou d'un treillis de fil de laiton et tapissées de taffetas rouge. Le dessin se veut une proposition pour l'élévation du mur est en face de la cheminée et ouvrant par une porte centrale sur le salon ovale, avec à gauche la fenêtre donnant sur la cour des bains, et à droite, une alcôve. Une autre feuille datée de mai 1692, presque identique, est conservée aux Archives nationales à Paris(O 170 no. 3; voir D. Gallet-Guerne, et C. Baulez, 1983, p. 123, no. 530)Pour le salon ovale: j'ajoute une photo d'une des quatre oeuvres qui étaient dans les niches soient l'un des chenets de l'Algarde.
Jupiter foudroyant les Titans:
Photo ManquanteX –
Louis, vous dîtes que ces guirlandes de coquillages n'ont pas été restaurées or il me semble que ce sont précisément ces éléments qui m'ont frappés lors de la visite !
XI –
Pourtant, je vous assure que ces guirlandes de coquillages ne sont pas sur les photos après restauration publiées dans l'estampille l'objet d'art (ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont pas pu être installées postérieurement vous avez des photos). Concernant les trumeaux, je peux vous dire que le trumeau de la salle à manger des retours de chasse a été reconstitué d'après les dessins conservés sur les mûrs sauf qu'ils ont oublié de le dorer (encore là à moins qu'ils l'aient fait depuis). Dans l'estampille, on voit la préparation blanche servant à déposer l'or..
Citation :
Christian Baulez, "Versailles: l'appartement du roi retrouve son éclat", L'Estampille-L'objet d'art, no. 378, p. 72-82.
XII –
J'ai visité l'appartement intérieur du roi il y a quelques mois, et le cadre était doré!
A noter que comble du raffinement, les sculpteurs ont prévu un support en bois dans la masse du cadre pour y faire reposer les appliques "au cor'" dont sont ornés les montants
A noter aussi qu'il est prévu de rétablir les tableaux installés au XVIIIè siècle dans l'antichambre des chiens
XIII –
Je confirme que les guirlandes de coquillages ont bien été restituées, de même que les trumeaux de la salle à manger des chasses sont dorés ! Il arrive souvent que lors de l'inauguration d'une restauration, celle-ci ne soit pas totalement achevée alors certains élémetns manquent...
Autres exemples :
- le bosquet des trois-Fontaines : lors de son inauguration et donc des prises de vues pour la presse, les concrétions de grès n'avaient pas encore été installées sur la margelle de marbre de la cascade supérieure.
- en 1982, lors de l'inauguration des appartements des Enfants de France, il y eut bien sur beaucoup d'articles sur le sujet et de photos. Notamment du Grand Cabinet d'angle de mme Victoire. Sur toutes les photos, on pourra observer l'absence d'un trumeau de glace, remplacé par un simple trumeau mouluré qui ne sera restituée que bien plus tard...
XIV –
Autre élément pour le nom du cabinet des Coquilles : je suis en train de réaliser les boiseries du cabinet et en les observant bien sur les gravures reproduites dans le Marie, je crois reconnaitre dans les motifs des bas lambris des coquillages mais cela demande confirmation
XV –
Je vous lance un appel à tous! Vu que le pauvre comte Louis de la Buande, Comte de Frontenac est perdu dans les colonies de la Nouvelle-France, est-ce qu'un membre de ce forum pourrait nous présenter deux photos de la glace de l'Antichambre des chiens et de la glace de la salle à manger des retours de chasse restaurée pour compenser les manques des seules photos que j'ai pu trouver dans l'estampille l'objet d'art? Le musée n'est pas pressé de mettre des photos récentes de ces deux pièces sur la base de la rmn!!
XVI –
Le billard du roi occupe une position stratégique : il sert d'antichambre au Cabinet du Conseil pour qui passe par les derrières et de lieu de délassement au Roi près de son appartement.
Le volume du cabinet date d'au plus tot 1662
tandis que l'affectation et le décor datent semblent-ils de 1684, au moment où le roi s'installe côté cour de Marbre.
C'est l'un des premiers cabinets intérieurs du roi, orné de boiseries blanc et or.
le parti décoratif retenu pour la maquette correspond d'une part à la reproduction qui est faite sur une gravue de Lepautre de la face de la cheminée, et d'autre part le dessin de proposition de décor qui correspond aux boiseries subsistantes installées dans l'antichambre des chiens.
Sur les petits côtés, le mur est divisé en trois parties : aux deux extrémités, les portes surmontés de dessus de portes représentants deux aigles soutenant un médaillon et tenant des guirlandes, les médaillons renfermant des tableaux ; au centre, le mur est divisé en neuf panneaux séparés par des moulures, la partie central comprenant la cheminée ou un panneau lui faisant face, une glace devant laquelle pendent deux guirlandes retenues par une crossette.
sur les murs latéraux, chacun percés de deux fenêtres donnant au Nord sur la cour du Roi (actuelle cour des Cerfs) et au sud sur la cour de Marbre, règnent deux tableaux richement encadrés au dessus d'un bas lambris de grande hauteur.
L'ensemble des boiseries est doré, la dorure est refaite en 1701 pour s'harmoniser avec les pièces refaites cette année la (Oeil de Boeuf, Chambre et Cabinet du Conseil).
Le décor pictural est comme à l'accoutumée constitué de tableaux de maître :
au dessus des portes : la samaritaine, de Guido Reni ; Le mariage mystique de Sainte Catherine du Parmesan ; les paysans métamorphosés en grenouilles et Adam et Eve chassés du paradis de l'Albane.
Au dessus de la cheminée, Jésus sur la Croix de Lebrun et en face un tableau de son rival Mignard, Jésus portant sa croix.
Sur les murs latéraux, côté Cour du Roi (représenté) Eliezer et Rebecca de Poussin et les filles de Jehtro défendues par Moïse de LeBrun, et côté cour de Marbre, Moïse sauvé des eaux de Poussin et le mariage de Moïse de Lebrun.
Un billard est placé dès 1684 dans ce salon. On sait que Louis XIV excelle à ce jeu. Le modèle représenté celui qui figure dans une célèbre gravure où Louis XIV joue avec sa famille dans le salon de Diane.
L'ameublement reconstitué s'appuie sur l'inventaire de 1708, qui note quatre portières de brocart d'or et d'argent, quatre rideaux de denêtres de taffetas rouge cramoisi galonné d'or, un cordon et deux houppes d'or pour le lustre, douze tabourets de bois sculpté et doré recouvert du brocart identique aux portières et deux niches en bois d'ébène blanchi et doré à deux chiens comprenant sur le dessus comme c'est le cas aux XVIIè et XVIII un coussin poue les chiens du Roi. La présence de ces niches explique l'autre nom donné à la pièce, "Pièce où sont les chiens du roi" dans cet inventaire.
En 1701 le roi demande "l'engraissement" du mur de la cheminée pour y faire passer les conduits de cheminées du rez de chaussée : il mord sur près de 40 cm sur le salon du Billard : deux nouveaux tableaux sont commandés pour remplacer les deux Poussin devenus trop grands, mais sur un sujet identique : "Moïse sur les eaux par Lafosse et La Rebecca au puits par Coypel"
Tableau de Charles de La Fosse
Tableau de Coypel
Le Salon devient en 1738 la Chambre à coucher du Roi. Les tableaux sont retirés et une partie des boiseries est réutilisée pour décorer l'antichambre des Chiens, ou Pierre de Nolhac les a identifiées : ensemble des portes avec dessus de portes, panneaux d'entre fenêtre et un panneau correspondant au pan de mur entre les fenêtres et le mur de la cheminée.
La reconstitution s'appuie donc sur les gravures, les boiseries subsistantes, utilise un brocart Louis XIV, reproduit un lustre de l'époque en bronze (mais il est possible qu'il était en cristal). Je me suis basé sur des modèles XVIIIè et sur la descrïption de l'inventaire de 1708 pour la niche à chiens
Cordialement
G.J.